Pages

lundi 19 novembre 2012

Les geekettes pour du faux


Et parce que la connerie humaine n'a pas de limite et se cache jusque dans nos propres placards, annoncer que les cosplayeuses ne sont pas de vraies geeks est visiblement à la mode. Le genre d'énormité crétine que tu sors comme ça et tout le monde acquiesce. Un peu comme "les musulmans, rien à faire c'est pas des gens comme nous", "un gamin élevé par deux papas, il va avoir un souci quelque part, tout de même" ou "la crise c'est la faute des chômeurs-profiteurs".

Il fut un temps où j'aurais pondu un pamphlet mordant vous traitant tous de cons et moi le premier, mais là, je dois me faire vieux : je suis désarmé face à tant de stupidité.

Et si ça s'arrêtait aux cosplayeuses. Mais non. Si tu es photogénique et/ou populaire et/ou une femme, ta condition de geek est soumise à la Question. Surtout si tu es une femme, en fait. On t'accusera — j'arrive pas à le dire sans rire — on t'accusera de "faire ta geekette", de feindre ton intérêt pour Star Wars ou les pokémons pour attirer l'attention du geek mâle (le seul authentique) qui, avouons-le, a la réputation d'être un adonis capable de prouesses sexuelles à peine imaginables*.

Donc, toi qui t'es égaré sur mon site et te demandes en ce moment-même de quel droit j'insulte tes opinions mûrement muries* et qui, par masochisme intellectuel, continues à lire mon billet**, dis-moi :

  • en quoi une personne capable de connaître un costume imaginaire jusqu'au nombre de dents sur la fermeture-éclair latérale n'est pas un gros geek, quel que soit son sexe ? Et surtout 
  • mais en quoi ça te gêne qu'on t'associe à des gens bien habillés, photogéniques et à l'hygiène personnelle irréprochable, pour une fois ?
*not.

**c'est gentil, fallait pas.

Illustration : Am I right ladies par Sailor Swayze.
Flattr this

6 commentaires:

  1. Je suis un fervent partisan de la lutte contre la connerie, mais, et en ce titre, il y a deux choses qui me chiffonnent dans ce billet :

    1 - j'aime bien la lutte anti-masochisme, mais comme toute lutte anti, je pense que pour être tout à fait honnête, il faut aussi rappeler qu'il y a un fond de vérité dans l'appropriation de "l'univers du geek" par une nouvelle population qui, il y a encore peu de temps, se faisait une fierté de s'en moquer. Je suis moi-même gêné par ce sentiment d'injustice et par la vue de tant d'opportunisme (commercial). Gêné, cela s'arrête là. Après bon, on est toujours le con de quelqu'un...si tu penses que l'idée de conservation (et pourtant, je lutte contre le plus souvent) n'est qu'idiotie, nous ne serons pas d'accords.

    - tu sembles vouloir lutter contre les préjugés, hors tu te permets d'utiliser les gros clichés des familles qui sont pour moi justement générateurs des mêmes comportements grégaires que tu dénonces, cf "du geek mâle (le seul authentique) qui, avouons-le, a la réputation d'être un adonis capable de prouesses sexuelles à peine imaginables*." Après j'ai pas compris l'astérisque, alors il s'agit peut être de troisième degré...

    Je me demande tout de même d'où t'es venu ce billet ? Tu as un exemple à donner ? Dans le fond, personnellement, je me fiche de qui se revendique geek. D'abord geek c'est péjoratif et je ne me suis jamais revendiqué comme tel, mais il est aussi à la mode en ce moment d'appeler geek toute personne qui correspond à certains critères. Alors plus il y aura de geeks beaux et qui "semblent réussir en société", plus j'aurais l'impression que le terme me correspond mieux (oui je sais je suis vachement modeste).

    Mais en même temps, plus le terme de "geek" se démocratise, plus je le trouve stupide, et pourtant vue ses origines, il est difficile de faire pire que le véritable sens premier. :x

    RépondreSupprimer
  2. il faut aussi rappeler qu'il y a un fond de vérité dans l'appropriation de "l'univers du geek" par une nouvelle population qui, il y a encore peu de temps, se faisait une fierté de s'en moquer.

    Et c'est 100% une bonne chose. J'en ai ma claque de faire partie d'une sous/contre-culture, c'est plein de hipsters. Je veux être grand public.

    tu sembles vouloir lutter contre les préjugés, hors tu te permets d'utiliser les gros clichés des familles qui sont pour moi justement générateurs des mêmes comportements grégaires que tu dénonces

    Complètement et j'assume. C'est marrant, hein, de voir que les clichés, dans un sens ça passe, dans l'autre ça coince.

    Je me demande tout de même d'où t'es venu ce billet ? Tu as un exemple à donner ?

    Je dois vraiment donner un exemple ? Genre quand je parle de ça, ça ne t'évoque rien ? L'illustration du texte non plus ?

    Allez, tiens, tape "faux geek" dans google. Ca donne des trucs genre ça.

    Et je passe les testeuses de JV à qui on ne permet pas de toucher une manette ne conv', les connards qui hurlent que Felicia Day n'est pas une geek (what?), les imbéciles qui crachent sur Anita Sarkeesian, les crétins qui veulent que Vim Diesel arrête de parler de D&D, etc.

    Là-dessus, suite un curieux mélange de "beaucoup de boulot sur la table (pour une fois)" et de "j'ai pas envie de m'agacer plus que ça", ça risque d'être le seul commentaire de ma part sur ce texte, sauf interventions lapidaires.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ok ok, loin de moi l'envie de t’agacer hein ! ^^"
      Les clichés, quels qu'ils soient, sont bons à jeter à la poubelle. A part quand on a besoin de schématiser (et dans ce cas là rien de sérieux), ils sont à bannir car au lieu d'enrichir culturellement une communauté, ils enferment cette dernière dans des travers sectaires.

      Ouaip, le côté sous-culture je suis bien d'accord avec toi, il est sans doute temps qu'on en sorte. Mais j'ai toujours pensé que c'est ce qui faisait la force aussi du jeu, sans cette sous culture "élitiste", on s'appliquerait à ne développer que des produits proches de la "demande générale". Il n'y a qu'à voir le jeu vidéo : le grand public lui a donné sa richesse commerciale et sa pauvreté culturelle dans le même temps. Cela à conduit à l'émergence de la scène indépendante, ouf ! Mais sur pas mal de points, cela n'empêche que les standards du jeu vidéo ont pris vachement cher en devenant grand public, après c'est un avis de vieux briscard du jv...:')

      Pour finir sur le "faux geek", même si je suis 100% d'accord avec toi sur le fait que 99% des cas ont pour origine le sectarisme de certains (et je dis bien certains, car même si je ne peux ignorer qu'ils existent, j'ai pas l'impression qu'il s'agisse de la majorité), il faut dire que de mon côté, j'ai eu trop de fois l'occasion de voir que les filles dans l'univers du jeu ont des passe droits, des chevaliers blancs qui montent au front pour un oui ou pour un non (comme toi :')), et que certains, à l'inverse de ce que dénonce ton billet, leur accorde une crédibilité aveuglée (par la vue trop rare de nichons sans doute). Dans les deux cas, cela m'énerve, on dirait deux partis politiques qui s'affrontent avec la même mauvaise foi.

      Je suis pour ouvrir l'univers du jeu à un maximum de monde (je n'ai d'ailleurs jamais eu de souci avec mes ami(e)s de ce côté là), mais je déteste le principe même de "discrimination positive".

      Alors quand cela existe dans mon loisir et dans ma profession, autant te dire que cela me fout plus les boules que le fait qu'une poignée de nerds chialent parce que des petits nouveaux touchent à leur hochet.

      Supprimer
  3. Perso, j'établirais quand même une distinction entre ceux et celles qui font du cosplay Star Trek/WoW/Final Fantasy et les cospayeurs(euses) Twilight.

    Parce que la geek attitude n'interdit pas le bon goût.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, tiens, bonne idée*.

      Après, on fait comme avec le jeu de rôle: on dit que ceux qu'on n'aime pas n'en sont pas, c'est ça?

      Supprimer
    2. Ben oui c'est quoi toutes ces meufs ultrabonnes dans les GN vampires? On n'en veut pas, on veut rester entre poilus/gangrel clones de Wolverine.

      Supprimer

Je considère que vous avez lu la page d'avertissements et je modère en conséquence.